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4/12/08 Il faut s’attendre à une hausse des prix des matières premières

Source: SGAM ETF Newsletter – Michel Martinez

La chute du prix des matières premières depuis cet été est impressionnante. Le pétrole a perdu par exemple près des deux tiers de sa valeur. Une part significative de cet ajustement reflète les excès passés. La bulle des matières premières a bel et bien éclaté et les fondamentaux ont repris leurs droits. La question est …

de savoir si le retour de balancier n’est pas allé trop loin. Des projets commencent en effet à être annulés, des mines ferment. Tant que les craintes de déflation persisteront, les prix peuvent continuer de baisser. Si comme nous le pensons le scénario de la déflation est évité, il faut s’attendre ensuite à une remontée significative des prix.

 

Retour aux niveaux de prix de 2005

Par rapport à leur point haut, les prix des métaux ont baissé de 50% et ceux de matières premières agricoles de 35%. Le pétrole navigue autour de 50$/b après avoir touché le seuil des 145$/b début juillet. En début d’année, les investisseurs voyaient un refuge dans les matières premières. La donne a changé brutalement cet été lorsque les signaux de baisse de la demande dans les grands pays ou de ralentissement prononcé en Chine se sont intensifiés. Lorsque les peurs sur l’économie réelle se sont intensifiée début septembre, les prix des matières premières ont chuté et ont souffert d’épisodes extrêmes de volatilité. La volatilité quotidienne de l’indice des prix des matières premières GSCI est passée de 30% (ancien point haut historique) à 60% entre septembre et novembre. Du jamais vu. On peut évoquer aussi comme facteur explicatif l’appréciation du billet vert (+11% depuis septembre).
Les prix sont retombés aux niveaux observés début 2005, lorsqu’on les exprime en proportion des prix des produits manufacturés importés aux Etats-Unis (voir graphique). Ces niveaux demeurent tout de même près de deux fois supérieurs à ceux connus de la dernière récession (2000-2001). Une nouvelle preuve, s’il en était besoin, que les niveaux des prix des matières premières sont désormais structurellement plus élevés que dans les années 1990, en raison du poids de la demande des pays émergents.

Les coûts de long terme joueront le rôle de prix plancher

Sur de nombreux marchés, les niveaux des prix sont tombés en dessous des coûts marginaux de production. A court et moyen terme, ceux-ci devraient servir de force de rappel :

-A court terme, l’offre s’ajuste rapidement à la baisse des prix. Certaines mines ne sont d’ores et déjà plus rentables aux prix actuels et commencent à fermer. Près de 30% des mines de nickel seraient déficitaires et moitié moins pour l’aluminium et le zinc. Du côté du pétrole, l’OPEP devrait couper à nouveau sa production (déjà diminuée de 2mb/j depuis août dernier), probablement dès le 29 novembre. Ces diminutions de la production seront d’autant plus efficaces que les stocks, exprimés en jours de consommation, n’ont rien d’exceptionnel pour la plupart des matières premières.

-A moyen terme, certains projets sont reportés ou abandonnés. Il y a encore quelques semaines, l’industrie pétrolière décidait de nouveaux investissements en s’appuyant sur une fourchette de prix jugée conservatrice, comprise entre 70$/b et 100$/b. A 50$/b, la donne change et la rentabilité de gisements à l’extraction complexe devient incertaine (schismes bitumeux au Canada, réserves offshores du Brésil…). Si le marché anticipait que les prix devaient rester durablement autour de 50$/b, les dépenses d’investissement dans les nouveaux champs se contracteraient alors fortement, avec à la clé de fortes tensions dans quelques années.

Dans notre scénario de reprise progressive de l’économie mondiale dès le second semestre 2009, d’autres facteurs plaident en faveur d’une augmentation du prix des matières premières courant 2009. D’une part, nous considérons que la forte appréciation récente du dollar, en lien avec la réduction de l’effet de levier dans le système financier, devrait se renverser partiellement en 2009. D’autre part, les niveaux actuels sont de nature à favoriser une reprise graduelle de la demande physique (ce qu’on observe déjà aux Etats-Unis pour le pétrole) voire un regain d’intérêt des investisseurs. Une chose est sûre, la volatilité des prix devrait rester élevée.

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