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AM – La volatilité des marchés ne doit pas faire perdre de vue le rôle essentiel du dividende

Alors que la plupart des commentateurs se concentrent généralement sur l’évolution des cours, les dividendes contribuent pourtant de manière essentielle à la performance totale des actions. Pourquoi un tel hiatus ? Parce que sur le court terme, cet impact est peu apparent du fait de la volatilité des cours. En effet, quand le marché varie de 5 à 10% en valeur absolue en l’espace de quelques semaines, comme ceci s’est déjà produit quatre fois depuis le début de l’année, la contribution des dividendes à la performance est souvent passée sous silence…..


Cross Asset Investment strategie –Amundi Asset Management

Mensuel – 10 Juillet 2011


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A plus long terme en revanche, elle devient rapidement cruciale comme le montre le 1er graphique retraçant l’évolution cumulée du CAC 40 sur vingt ans, avec ou sans dividendes réinvestis. Ainsi, dans le cas du CAC 40, celui-ci a progressé au total de +354%, dont +151% de plus-values en capital et +203% au titre des de la distribution . En d’autres termes, la contribution du dividende à la performance totale de l’indice a été de 57% du total. Le rendement annuel moyen du marché britannique (+3,8%) a été supérieur à celui de la France (+3,2%), et la contribution du dividende à la performance totale du FTSE 100 a été encore supérieure avec 62%. L’exemple du marché américain, dont le rendement moyen sur la période a été de seulement 2,2% est atypique du fait de l’importance du share buy back. Quoiqu’il en soit, même dans ce cas de figure moins favorable, la contribution du rendement à la performance totale du S&P 500 a été de 41%.
L’apport du dividende à la performance des indices est donc bien une composante cruciale et cette caractéristique des actions prend toute son importance dans la période actuelle du fait de la faiblesse des taux d’intérêt. Ainsi, le rendement moyen du MSCI Europe, qui est de 3,3% au titre de 2010 et de 3,9% pour 2011, supporte aisément la comparaison avec les emprunts d’Etat, dont les taux à 10 ans se situent respectivement à 2,8% en Allemagne, 3,1% en Grande-Bretagne et 3,3% en France, pour s’en tenir aux principaux marchés européens représentés dans les indices actions. La comparaison est d’autant plus intéressante pour les actions que les dividendes sont tacitement indexés sur l’inflation, ce qui constitue une protection supplémentaire en cas de dérapage des prix et / ou de remontée des taux obligataires.
Au-delà de l’impact du dividende sur la performance totale des marchés d’actions, il est également intéressant d’analyser leur contribution sectorielle. L’historique étant plus court, nous nous sommes concentrés sur la période allant de juin 2004 à juin 2011. Au cours de ces sept années, le MSCI Europe a progressé de +13% ex dividendes et de +41% dividendes réinvestis. La contribution des dividendes à la performance totale de l’indice a de nouveau été largement prédominante avec 72%. Par ailleurs, 13 des 24 secteurs GICS ont surperformé l’indice à dividendes réinvestis. Parmi ceux-ci on dénote des secteurs cycliques (7) et défensifs (6) mais aucun secteur financier. Un rendement élevé n’est toutefois pas un gage de surperformance, puisque parmi les huit secteurs présentant un rendement supérieur à la moyenne, seule la moitié d’entre eux a surperformé: les Services au Public, l’Energie, les Télécoms et la Distribution non alimentaire .
Si le rendement ne suffit pas à lui seul, l’idéal serait de combiner les attributs du style croissance avec celui d’un dividende satisfaisant assorti d’une bonne visibilité. A cette aune, l’Energie et la Santé, qui conjuguent une croissance durable des résultats, un bon rendement – avec respectivement 4,2% et 3,9% – et une bonne soutenabilité de celui-ci se distinguent et devraient bien se comporter à long terme.
On sera en revanche plus circonspect à propos des Assurances, des Bancaires, des Télécom et des Services au Public, qui présentent certes un bon rendement  (respectivement 4,9%, 3,8%, 5,5% et 7,4%), mais dont la visibilité sur les résultats et la soutenabilité de la distribution est plus fragile (FCF Cover inférieur à la moyenne de 1,9 x et / ou taux de distribution élevé (>60%).
Entre les deux, on trouvera toute la gamme des situations intermédiaires, comme 1/ l’Alimentation Boisson dont le rendement est faible (2,8%) mais la soutenabilité est bonne (FCF Cover de 3,2 x) ou 2/ l’Immobilier où c’est l’inverse (rendement de 4,6% mais FCF cover de 1,0x et pay out de 84%.
Parmi les outsiders possibles, le secteur des Ressources de base est intéressant puisqu’il combine une bonne croissance des résultats, un rendement faible (2,3%) mais une excellente soutenabilité (FCF cover de 3,9x et pay out de 20%) ; en d’autres termes, ce secteur présente plus que d’autres la capacité à augmenter sa  distribution. Un élément à suivre qui, s’il se confirmait, devrait encore renforcer l’attrait de ce secteur.
En conclusion, sur le moyen terme, la contribution du dividende à la performance des actions est un fait majeur trop souvent occulté et d’autant plus crucial en cette période de taux bas. En allant au bout du raisonnement, il conviendrait donc d’apporter autant de soins aux perspectives d’évolution de la distribution qu’à celle des résultats – ce qui n’est généralement pas le cas – d’autant que ce qui est vrai au plan sectoriel l’est encore davantage au niveau des titres. Cette démarche classique dans le monde du crédit gagnerait ainsi à être redécouverte par celui des actions, trop largement tourné sur les résultats et le court terme comme l’illustre la popularité des trimestriels.

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Rédacteur en chef : Philippe Ithurbide

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