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Amundi Cross Asset Investment Strategy : 2016 et au-delà

Trois scénarios méritent l’attention. …..


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Philippe Ithurbide, Directeur Recherche, Stratégie et Analyse – Paris

Amundi Cross Asset Investment Strategy : 2016 Les scénarios


Résumons-les succinctement :

• Dans notre scénario central (probabilité de 70 %), la croissance se poursuit dans les pays développés en 2016.

Le déclin de la croissance potentielle de la Chine se poursuit, mais les craintes de « hard landing » en 2016 et 2017 (que l’on définira par une croissance du PIB de l’ordre de 3-4 %) sont contenues. La relance de la croissance, via une combinaison de politique de taux d’intérêt — politique de réserves des banques — politique budgétaire – politique fiscale – politique de revenu et non via une politique de change agressive se traduisant par une chute soudaine du yuan (de 10 % ou plus) rassure, et l’impact du ralentissement de 2015 reste essentiellement cantonné aux économies « émergentes ». Au total, la croissance mondiale reste proche de 3 % (un scénario bien plus pessimiste que le consensus actuel). Ce mouvement global (baisse de la croissance dans les EMG, perte de compétitivité des pays « avancés » du fait des cours de change…) provoquera néanmoins un fléchissement de la croissance mondiale en 2017. La Fed conserve une politique plus prudente que ne l’indiquent ses propres prévisions. Elle resserre avec extrêmement de prudence, lentement (50pb en 2016). La BCE poursuit une politique monétaire accommodante : les taux courts restent inchangés pendant encore 3 à 5 ans, un QE2 est envisageable, ainsi qu’une nouvelle baisse du taux de dépôt. Ce dernier est un outil utile pour limiter les dépôts des banques auprès de la BCE, mais un nouvel assouplissement ne garantit pas qu’il y aurait un transfert vers l’économie réelle. En revanche la perspective de voir ce taux abaissé et d’assister à une extension du QE assurera une nouvelle dépréciation — bienvenue — de l’euro. In fine, la BCE, la BoJ et la PBoC resteront accommodantes pour les quelques années à venir. Les taux longs restent bas, notamment en Europe. L’euro se stabilise contre USD, et le yen reprend des couleurs. La croissance est suffisamment solide pour favoriser la recherche de rendement et de spreads. Niveau des taux, BPA et baisse du stress favorisent les marchés d’actions, notamment européens, où le rendement du dividende est 4 fois supérieur aux taux longs. Attention cependant, l’environnement global créera davantage de volatilité qu’au cours des dernières années.

• Le premier scénario alternatif, à plus forte probabilité (20 %), est le plus pessimiste :

dans ce cas de figure, la Chine ralentit fortement (le « hard landing » s’avère inévitable), et l’impact sur les économies émergentes s’amplifi e. La croissance mondiale va vers les 2 % voire moins. La croissance mondiale s’étiole, et du fait de l’impact sur les pays avancés (chute des marchés boursiers, forte volatilité, dégradation supplémentaire de la situation fi nancière de pays déjà lourdement endettés) les politiques monétaires, y compris celle de la Fed redeviennent accommodantes. La baisse du commerce mondial, du prix des matières premières, des prix industriels s’amplifi e, ce qui dégrade encore les pressions défl ationnistes mondiales actuelles. Les politiques monétaires redeviennent (ou restent) accommodantes à peu près partout. On assiste à la fi n du pseudo-cycle de resserrement monétaire de la Fed, tandis que la BCE et la BoJ accélèrent le rythme de leur QE et que la BCE adopte un QE2. Les taux longs des souverains solides (États-Unis, noyau dur de la zone euro) fl échissent encore. L’environnement de taux bas se généralise (maturités, pays), mais les pays périphériques de la zone euro sont de nouveau dans le viseur : niveau de dette et des défi cits, perte de compétitivité… Devises des pays émergents et devises matières premières sont de nouveau fragilisées, tandis que la solvabilité des entreprises revient sur le devant de la scène, et notamment pour les pays et secteurs qui se sont ré-endettés. Les marchés d’actions restent en souffrance (impact sur profi ts, chiffres d’affaires, et solvabilité…).

• Le second scénario alternatif est plus optimiste (probabilité 10 %).

La croissance mondiale accélère en 2016 et en 2017 (et au-delà). Elle va vers les 4 %. Trois éléments déclencheurs sont possibles : la reprise de l’investissement (Europe, Chine, mais aussi États-Unis), une hausse plus prononcée des salaires (États-Unis et Europe notamment), et une nouvelle accélération de la croissance de la Chine, qui parvient à redresser l’activité économique grâce à de nouvelles mesures de stimulus… sans opter pour une forte dévaluation du yuan. Un bon point pour l’euro, qui cède du terrain contre les devises constituant son cours de change effectif, ce qui donne un coup de pouce supplémentaire à une croissance déjà plutôt solide. La baisse des pays « émergents » est globalement contenue et ces pays bénéficient de la faiblesse passée de leurs devises, qui s’apprécient désormais. Le cycle de resserrement monétaire américain devient crédible, et peu dangereux (aux erreurs de communication près). Un QE2 de la part de la BCE ne sera plus un sujet de débat, sans doute jugé inutile. La BCE pourra commencer à relever ses taux d’intérêt à horizon 2/3 ans… au plus tôt. On assisterait à un aplatissement généralisé des courbes de taux. Les devises des pays producteurs de matières premières repartent à la hausse, en ligne avec le prix des matières premières. Les spreads de crédit (souverains et corporates) resteraient serrés et on assisterait à une nouvelle progression des marchés boursiers, Europe en tête, avec un attrait particulier pour les émergents, susceptibles d’attirer de nouveau les flux de capitaux internationaux.

Source: ETFWorld.fr

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