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BNY: L’impact des élections allemandes sur les marchés : tremblement de terre ou nonévénement ?

Les élections allemandes n’ont pour le moment pas ravivé la fougue des électeurs.
Aussi, sous réserve d’événements imprévus, le consensus est d’avis que la popularité de la Chancelière Angela Merkel devrait lui permettre de damer le pion à son adversaire….

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Meriten, Standish Mellon et Newton, les sociétés affiliées de BNY Mellon, présentent leurs analyses sur la possibilité de former un gouvernement stable ainsi que sur les répercussions de ces élections sur le reste de la zone euro.

D’après Meriten, les chiffres auront un véritable impact
Selon Holger Fahrinkrug, chef économiste chez Meriten, les résultats des prochaines élections allemandes, prévues pour le 22 septembre et désormais imminentes, pourraient réserver quelques surprises sur le front de la répartition des sièges au Parlement. Aussi, la formation d’un nouveau gouvernement stable pourrait être plus difficile que le consensus ne semble l’anticiper. Le sentiment que l’élection est courue d’avance provient de la popularité locale de la chancelière en poste, Angela Merkel, et de la faiblesse de la campagne du SPD (le parti social-démocrate) marquée par les différentes maladresses de Peer Steinbrück, le candidat du parti et ancien ministre des finances. De toute évidence, l’écart entre les deux principaux partis politiques du pays a rarement été aussi grand qu’il ne l’est actuellement.
Cependant, le parti soutien de la coalition dirigée par Angela Merkel, le FDP, peine à franchir le seuil des 5% de voix pour lui assurer une représentation parlementaire. De plus, même si le FDP parvenait à passer le cap des 5%, il est peu probable que le score combiné des deux partis dans les sondages s’élève à plus 45% – 47%. Sous réserve d’une nette amélioration d’ici le jour des élections, la coalition aura des difficultés pour remporter la majorité des sièges au Bundestag (la chambre basse). On ne peut même exclure le risque que la coalition perde davantage de voix au cours des derniers jours de la campagne, du fait des scandales politiques, certes mineurs, qui ont frappé certains membres du gouvernement d’Angela Merkel.

Par ailleurs, les électeurs favorables à la CDU/CSU pourraient également ne pas se déplacer pour soutenir leur parti du fait des sondages qui donnent la coalition d’Angela Merkel clairement victorieuse. Par ailleurs, Meriten pense que le SPD pourrait également récupérer progressivement des voix, depuis des points bas record, grâce à la forte performance de M. Steinbrück à l’occasion du dernier débat télévisé face à Angela Merkel.
La principale source d’incertitude liée à l’actuelle course électorale vient probablement de la création du nouveau parti anti-euro « Alternative für Deutschland ». L’AfD, qui a bénéficié d’une importante couverture médiatique lors des débats entourant la question d’un nouveau plan de sauvetage de la Grèce au lendemain des élections, aurait selon Meriten toutes ses chances de rentrer au Parlement, grâce au soutien des votes de la branche plus conservatrice de l’électorat traditionnel de la CDU et du FDP.
La plupart des Allemands s’attendent à un gouvernement de grande coalition entre la CDU/CSU et le SPD (il s’agit également de la coalition post-électorale privilégiée par les électeurs). Cette opinion s’explique, en premier lieu, par le fait que ces deux partis risquent de rencontrer des difficultés pour former un gouvernement stable uniquement avec le soutien de plus petits partis ; et, en second lieu, du fait du succès de la coalition qu’ils ont formée entre 2005 et 2009.
Cependant, M. Steinbrück a exclu la possibilité que le SPD accepte de former une grande coalition sous la direction d’Angela Merkel. En revanche, le SPD et les Verts se sont rapprochés et semblent prêts à collaborer. Toutefois, à moins que les sondages ne soient totalement faux, il faudrait à ces deux partis un troisième soutien pour leur permettre d’atteindre la majorité. Il ne resterait alors que l’ancien parti communiste, Die Linke, que Peer Streinbrück a qualifié d’incapable de gouverner.
Si l’AfD entre au Bundestag, empêchant la coalition actuelle de se reformer, et que le SPD et les Verts ne parviennent pas à remporter une majorité à la chambre basse, un gouvernement de grande coalition semblerait alors l’issue la plus raisonnable et la moins compliquée à atteindre. Une telle issue se traduirait par une poursuite de la politique actuelle au cours des quatre prochaines années et constituerait un nonévénement pour les marchés financiers.

Newton sonne l’alarme sur le risque de turbulences au sein de la zone euro
Si les élections allemandes pourraient bien se terminer en feu de paille, il existe, selon Suzanne Hutchins co-gérante du BNY Mellon Global Real Return Fund (EUR) chez Newton, de nombreuses autres sources de turbulence qui pourraient se réveiller sans crier gare au sein de la zone euro. Les tensions politiques ont bénéficié d’une accalmie durant l’été (en raison de la trêve estivale et dans l’attente des résultats des élections allemandes), mais avec la formation du nouveau gouvernement en Allemagne, la dissension pourrait repartir de plus belle dans la région.
Cependant, il semble désormais évident que la Grèce ne pourra se passer d’un troisième plan de sauvetage, comme l’a ouvertement admis le ministre allemand des finances en poste, Wolfgang Schäuble. En effet, il va manquer près de 10 milliards EUR à l’économie grecque pour financer son budget en 2013 et 2014. Bien que le pays ait très clairement besoin de cet argent pour financer un trou dans son budget, fort est à parier que les électeurs grecs verront d’un très mauvais oeil les nouvelles conditions qui risquent d’être imposées dans le cadre de ce troisième plan de sauvetage.

En effet, l’Allemagne et les Pays-Bas ne devraient pas accepter d’accorder un nouveau soutien financier sans conditions restrictives.
Par ailleurs, en Italie, la situation politique se dégrade à l’image des tensions palpables au sein du gouvernement de coalition, qui inclut le parti de Silvio Berlusconi.
En effet, le gouvernement demande l’exclusion de l’ancien premier ministre du Sénat dans le sillage d’un jugement le reconnaissant coupable de fraude fiscale dans une affaire hautement médiatisée. Berlusconi ne compte pas se rendre de bonne grâce et la situation menace de faire retomber le pays dans une impasse politique.
Si les difficultés de la zone euro venaient à se focaliser sur l’Italie, il est possible que les investisseurs remettent en cause la capacité de la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds Monétaire International) à soutenir le pays. Paradoxalement, l’Italie est à la fois « too big to fail » (trop important pour qu’on le laisse faire défaut) et « too big to save » (trop conséquent pour être sauvé).

Des décisions difficiles attendent donc Angela Merkel en cas de réélection.
Enfin, il existe des tensions persistantes entre la Bundesbank et la BCE. La banque centrale allemande est opposée à la poursuite du programme OMT (« outright monetary transactions ») de la BCE, malgré le soutien d’Angela Merkel. Si la majorité dont bénéficiera d’Angela Merkel à l’issue de ces élections venait à être moins importante que précédemment, elle risque de rencontrer plus de difficultés pour imposer ses choix et soutenir la BCE. Il en résulterait une relation tendue et contreproductive entre la BCE et la Bundesbank, avec un risque de déstabilisation de l’ensemble de la zone euro.

Standish anticipe de nouvelles tensions politiques
D’après Rebecca Braeu, responsable de l’analyse des obligations souveraines au sein des pays émergents et gérante dans l’équipe de gestion obligataire mondiale chez Standish, le maintien du statut quo (la réélection de l’actuelle coalition CDU/CSU et FDP du centre droit) est certes le scénario privilégié mais cette issue est loin d’être garantie.
De plus, les acteurs de marché ont surévalué la possibilité d’une transition vers une union européenne renforcée et plus fédérale qui serait soutenue par un gouvernement de grande coalition. Dans l’attente du résultat des élections, les marchés obligataires de la périphérie de la zone euro sont restés peu volatils et les spreads se sont resserrés.
Un gouvernement de grande coalition avec le SPD n’est que peu probable d’autant plus qu’une telle configuration a déjà été testée par le peuple allemand entre 2005 et 2009. Le SPD est perçu comme plus flexible à l’égard des gouvernements de la périphérie de la zone euro et moins enclin à défendre l’austérité budgétaire. De plus, le candidat du SPD, Peer Steinbrück, a semble-t-il remporté le débat télévisé face à Angela Merkel et pourrait remporter de nouvelles voix d’ici le jour des élections.
Une fois les résultats publiés, les investisseurs risquent de devoir faire face à une position plus rigoriste de la part des allemands à l’égard des efforts de réforme à travers la périphérie et à de nouvelles tensions politiques au sein de la région.

 

Source: BNY Mellon

 

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