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ETF : qu’ont fait les investisseurs au 1er semestre 2018 ?

Après un début d’année sur les chapeaux de roue, les flux ETF se sont taris sous l’effet de l’épisode de volatilité observé dans les premiers jours de février…

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Marlène Hassine Konqui, Responsable de la recherche ETF de Lyxor Asset management


Au 20 juin 2018, les entrées de capitaux s’élevaient à 26,2 milliards d’euros depuis le début de l’année. Pas encore de quoi atteindre la collecte record du premier semestre 2017, mais ce chiffre reste supérieur aux flux enregistrés un an plus tôt, au premier semestre 2016, lorsque le marché des ETF avait eu bien du mal à démarrer l’année dans un climat de grande incertitude économique et politique.

 

La belle dynamique observée en 2017 s’est confirmée dans les deux premiers mois de 2018 à la faveur d’une tendance économique vigoureuse et d’une bonne visibilité. Le marché des ETF européens a affiché des flux record, avec pas moins de 21,4 milliards d’euros nets collectés en janvier et février.

Depuis, les flux se sont considérablement réduits, totalisant 2,9 milliards d’euros entre mars et juin. En cause, un environnement nettement plus incertain sur le front politique et économique lié notamment aux difficultés rencontrées par l’Europe mais aussi au risque de guerre commerciale à l’échelle mondiale.

Les ETF actions ont enregistré la majeure partie de la collecte, attirant 18 milliards d’euros, comme au premier semestre 2015, une plutôt bonne année pour les ETF. Les ETF obligataires, en revanche, ont affiché le plus net recul, ne s’adjugeant que 4 milliards d’euros, leur performance la plus décevante pour un premier semestre depuis 2014. Analysons ces mouvements plus en détail.

Les ETF actions se taillent la part du lion

À noter tout d’abord que l’instabilité des conditions économiques dans la zone euro et l’incertitude croissante sur le front politique ont valu aux actions européennes une décollecte de 11 milliards d’euros. Trois raisons à cela : i) le recul des indices PMI de la zone euro (depuis la fin du mois de mars, le PMI est passé de 55,2 à 54,1, signalant peut-être que le soufflé retombe en Europe), ii) la saga politique en Italie (les forces eurosceptiques demeurent vives, douchant les espoirs d’une réforme d’ampleur dans l’UEM) et iii) le retour des tensions commerciales (les volumes d’échanges internationaux diminuent à l’heure où les États-Unis s’apprêtent à imposer des droits de douane à l’encontre de ses principaux partenaires commerciaux).

La stabilisation attendue du PMI européen conjuguée à une accalmie sur le plan politique devrait permettre de stopper (temporairement du moins) l’hémorragie dont sont victimes les ETF actions européennes, ainsi que nous avons pu le constater dans les premières semaines de juin.

Collecte nette des ETF (en données cumulées) vs activité économique pour la zone euro

03 07 18 lyxor

Source : Données mensuelles entre le 01/05/2015 et le 01/06/2018 (Bloomberg, Lyxor).

De leur côté, les ETF actions américaines et monde ont attiré, à parts égales, un total de 14 milliards d’euros. À mesure que la situation se dégradait en Europe, de nombreux portefeuilles ont vu leur allocation remaniée en faveur des marchés américain et mondiaux.

L’évolution du contexte monétaire et le relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis ont valu aux ETF marchés émergents une décollecte de 1,7 milliard d’euros au total pour les ETF actions (depuis mai) et de 1 milliard d’euros pour les ETF dette émergente (depuis mars). Le risque est de voir les investisseurs bouder les actions des marchés émergents dès lors que des actifs plus sûrs tels que les bons du Trésor leur offrent désormais un rendement plus élevé. Si les taux d’intérêt américains s’installent durablement au-dessus des 3%, il y a fort à parier que la tendance à la décollecte se poursuivra.

Et du côté de l’obligataire ?

Dans le segment obligataire, les entrées de capitaux ont atteint un niveau plancher en 5 ans, avec seulement 4 milliards d’euros collectés au premier semestre 2018. Parallèlement à la remontée des taux d’intérêt, les flux se sont même inscrits dans le rouge en mars et en mai. Les ETF crédit ont été les premiers touchés par la fin du cycle de crédit positif, tant sur le segment investment grade (-1 milliard d’euros) que dans le haut rendement (-1,4 milliard d’euros). Les emprunts d’État américains et européens profitent toujours d’un mouvement de repli vers les valeurs refuges dans un marché de plus en plus incertain.

À noter également qu’avec le relèvement des anticipations d’inflation, en particulier aux États-Unis, les produits indexés sur l’inflation ont continué d’attirer de nouveaux capitaux (autour de 800 millions d’euros depuis le début de l’année).

Enfin, les ETF matières premières (indices élargis essentiellement) ont fait belle figure au premier semestre de cette année, avec une collecte de 2,4 milliards d’euros, un record en 4 ans, à la faveur d’une hausse des cours pétroliers et d’un environnement économique globalement robuste.

Dans l’ensemble, les flux observés sur le semestre ont traduit une véritable tendance au remaniement de portefeuille, reflet d’un environnement particulièrement mouvant en cette fin de cycle caractérisée par une incertitude économique et politique accrue.

Source: ETFWorld

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