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Invesco: Perspectives d’allocation à douze mois

Les stratégistes d’Invesco restent positifs sur les actifs cycliques, malgré un potentiel de rendement plus limité.

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Paul Jackson, responsable mondial de la recherche en allocation d’actifs, Global Thought Leadership.


Le Global Market Strategy Office (GMS) d’Invesco publie ses perspectives trimestrielles d’allocation d’actifs pour le quatrième trimestre 2021, et présente, à cette occasion, son scénario d’allocation principal pour les 12 prochains mois.

Bien que le rythme de croissance de l’économie mondiale ait récemment faibli, les experts d’Invesco estiment que nous assistons à une transition vers un taux de croissance plus durable, plutôt qu’à un début de récession.  « Les économies semblent ralentir, mais nous pensons que ce cycle économique reste encore porteur », déclare Paul Jackson, responsable mondial de la recherche en allocation d’actifs, Global Thought Leadership.

Les experts d’Invesco estiment que nous nous situons entre les phases de début et de milieu de cycle et ils privilégient donc le type d’actifs cycliques qui, selon leurs analyses historiques, ont tendance à bien performer durant ces phases. Ils maintiennent leurs prévisions de rendements supérieurs pour les actions, l’immobilier (REITS), les obligations à haut rendement et les matières premières, par rapport aux placements monétaires, à la dette investment grade et à la dette souveraine. Les experts GMS d’Invesco considèrent que la récente hausse de l’inflation est un phénomène temporaire, mais ils surveillent de près l’évolution des prix, leurs analyses historiques soulignant la difficulté de trouver des actifs capables d’atténuer les effets  d’une forte inflation.

Avec des valorisations tendues dans la plupart des classes d’actifs et des rendements dans le bas des fourchettes historiques, ils anticipent un potentiel de rendement plus limité qu’en temps normal, même en se concentrant sur les actifs cycliques. « Nous pensons que le cycle favorisera les actifs de type actions, mais pour bon nombre d’actifs, il faudrait un exploit pour qu’ils progressent encore. Nous tablons encore sur une progression des actifs cycliques, mais les valorisations actuelles suggèrent que beaucoup des facteurs porteurs ont déjà été intégrés dans les cours, et donc, que leur potentiel est moindre  par rapport au début de l’année », souligne M. Jackson.

Les experts GMS d’Invesco citent un certain nombre de facteurs soutenant leur hypothèse selon laquelle le ralentissement actuel indique une pause plutôt que la fin du cycle économique. Tout d’abord, une part conséquente de la croissance robuste de la phase de rebond a découlé de cette phase de soutien fiscal exceptionnelle, notamment aux États-Unis. Ensuite, les problèmes de chaîne d’approvisionnement entraînent actuellement des pénuries pour certains produits clés, tandis que les dépenses de consommation évoluent des produits vers les « expériences ». De plus, les taux d’épargne des particuliers restent historiquement élevés et, enfin, les banques centrales continuent à apporter un fort soutien à leurs économies.

Le tapering des banques centrales ne menace pas les actifs cycliques, selon les experts d’Invesco. « Nous nous attendons à ce que la Fed entame le processus de tapering dans le courant de cette année, mais nous pensons que cela n’aura pas d’impact durable sur les actifs risqués », indique M. Jackson, ajoutant que les marchés n’ont pas mal réagi à l’annonce de tapering par la BCE le 9 septembre 2021. En outre, les analyses du Global Market Strategy Office d’Invesco montrent que les cycles de resserrement de la Fed ont historiquement eu tendance à être associés à des rendements positifs sur les marchés actions, même durant les périodes récentes de tapering et de réduction des bilans.

Pour autant, M. Jackson note qu’un ralentissement de l’économie mondiale est susceptible d’engendrer de l’incertitude et de la volatilité sur les marchés, les investisseurs s’adaptant à l’actualité. La volatilité des marchés actions a, par ailleurs, tendance à être plus élevée lorsque la croissance économique est plus faible, et elle est souvent au plus haut en automne. Par conséquent, les experts d’Invesco ne seraient pas surpris de voir des marchés agités au cours des prochains mois, en particulier lorsque la Fed examinera si elle doit ou non réduire ses achats d’actifs.

Leurs projections pour les 12 prochains mois reposent sur les hypothèses suivantes : les taux d’intérêt des banques centrales restent stables et les achats d’actifs se poursuivent, mais le tapering commence ; les courbes de rendement s’accentuent à l’approche du tapering, en particulier celle des rendements américains ; les spreads des obligations investment grade et high yield se rapprochent de leurs niveaux historiques et les taux de défaut  diminuent ; le dollar se renforce à mesure que les  spreads obligataires évoluent en sa faveur ; les dividendes des actions continuent de rebondir, mais les rendements n’augmentent que légèrement ; les dividendes des sociétés immobilières (REIT) rebondissent, poussant les rendements à la hausse ; les matières premières consolident leur récente hausse et l’or chute en raison de la hausse du couple rendements/dollar.

L’équipe GMS d’Invesco s’attend aux meilleurs rendements pour les actions, l’immobilier, les obligations à haut rendement et les matières premières. Particulièrement optimiste pour l’immobilier, elle estime que les rendements élevés des REIT permettront d’atténuer la pression à la hausse des rendements obligataires. Bien que l’immobilier risque de souffrir d’une baisse de la demande pour les bureaux et les espaces commerciaux en raison de la Covid-19, les stratégistes d’Invesco jugent les rendements relativement attrayants, de nombreuses difficultés ayant déjà été intégrées dans les cours, et  ils s’attendent à ce que la croissance du secteur reprenne au fur et à mesure que les économies se redresseront.

En ce qui concerne les actions, ils estiment que les valorisations par rapport aux actifs obligataires se sont en fait améliorées, la hausse récente des cours des actions étant plus que justifiée par l’augmentation des rendements et dividendes. Toutefois, ils restent sous-pondérés en actions américaines, un marché qu’ils trouvent cher et qui, selon eux, souffrira par rapport aux autres en raison de la hausse des rendements obligataires.

À l’inverse, ils s’attendent à ce que la hausse des rendements des emprunts d’État se traduise par des rendements totaux négatifs sur la dette publique et le crédit investment grade. La hausse anticipée des rendements du Trésor américain, associée à une appréciation du dollar américain, les amène à prévoir des rendements négatifs sur l’or. Les placements monétaires restent leur moyen de diversification de prédilection.

Ils jugent les actions britanniques, l’immobilier des pays émergents, les obligations d’État des pays émergents et les placements monétaires libellés en dollars américains comme étant les meilleurs actifs de leur catégorie, sur la base des prévisions de rendement à 12 mois. Sur le plan régional, ils privilégient les marchés émergents et le Royaume-Uni qui, selon eux, ont le plus à gagner durant cette phase d’expansion économique mondiale, et sous-pondèrent les actifs américains.

Comme le souligne M. Jackson, la principale prévision formulée par son équipe est l’augmentation du rendement des bons du Trésor américain à 10 ans jusqu’à 2,20 %, une hausse expliquée en grande partie par l’augmentation du rendement réel à mesure que la Fed réduit ses achats d’actifs. Comme observé plus tôt cette année, cela pourrait avoir un certain nombre d’implications importantes, explique M. Jackson : un dollar plus fort, une surperformance des titres ‘’value’’ par rapport aux titres ‘croissance’, une pression à la baisse sur l’or, une modération de l’enthousiasme pour d’autres matières premières, et de nouveaux doutes sur la capacité des pays émergents à financer le fardeau de leur dette (ce dernier point étant le plus grand facteur de risque quant à leur préférence pour les actifs émergents).

Source : ETFWorld.fr

 

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