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Malgré la crise de la dette en Europe, les emprunts d’entreprise et les actions restent parmi les favoris

GRAFICO CAMBI

Les évaluations relatives parlent en faveur des actions au détriment des emprunts d’Etat notés AAA. La crise de l’endettement public au sein de l’UE devrait toutefois exclure une forte reprise du marché des actions, malgré des évaluations attrayantes et des données macroéconomiques en amélioration...


Swisscanto (Thomas Härter – Responsable Stratégie de placement)


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La crise de la dette qui frappe actuellement la zone euro est à nouveau au cœur des débats. L’Irlande a déjà requis de l’aide et le Portugal ne devrait pas tarder à suivre. La zone euro pourrait être en passe de devenir à moyen terme une « union de transfert » au sein de laquelle les Etats financièrement forts épongent les dettes des mauvais élèves en matière de déficit. Dans la situation actuelle, les spécialistes s’attendent soit à une concrétisation de cette union de transfert, soit à une série de restructurations des dettes et de faillites.

Tandis que les petits débiteurs « appartiennent » à la banque, les grands débiteurs sont quant à eux susceptibles d’exercer un « chantage » sur elle. Le « potentiel de chantage » cumulé des pays européens en difficulté reste pour l’heure suffisamment important pour profiter, du moins provisoirement, de crédits assortis d’intérêts inadaptés. Les 16 et 17 décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement débattront d’un mécanisme de gestion de la crise qui devrait prendre le relais à la mi-2013 des mesures décidées en mai 2010. La « European Financial Stability Facility » devrait rester en place. Il est toutefois prévu, lors de futures actions de sauvetage, d’également faire participer aux frais les détenteurs privés d’emprunts d’Etat émis après 2013. Le problème principal est que les marchés ne croient pas à une reprise intégrale de la dette (bail-out), ni dans le cas de la Grèce, ni dans celui de l’Irlande. Les pouvoirs politiques ont précarisé la confiance ces derniers temps.

A nos yeux, le scénario le plus vraisemblable est que la variante « union de transfert » sera préférée à celle de la restructuration de la dette, mais qu’une voie médiane sera empruntée après 2013. Celle-ci permettrait aux autorités politiques des pays donateurs d’imposer plus facilement en interne les coûts liés à un fonds de stabilité durable en faveur des pays déficitaires, sans se voir trop fortement pénalisées par les électeurs. En effet, dans les pays donateurs, ceux-ci ne voudront pas continuer éternellement à éponger les déficits des pays endettés ; quant aux électeurs des pays récipiendaires, ils s’élèveront contre des mesures de réforme trop sévères et contre une hausse du chômage. Les fortes primes de crédit sur les emprunts d’Etat à long terme des pays fragilisés indiquent que les investisseurs ne considèrent pas comme une solution viable sur la durée l’union de transfert qui semble s’esquisser. Les primes de crédit élevées sur les emprunts d’Etat à court terme sont fortement liées au comportement en matière de placement des décideurs disposant d’une grande fortune. Si des risques, qui ont déjà fait la une des journaux, se concrétisent, la critique devrait être plus sévère que pour des risques encore largement inconnus au moment de l’investissement. Par ailleurs, dans le cas de l’Irlande, une nouvelle révision à la baisse de l’évaluation pourrait entraîner des ventes (d’urgence) forcées en raison des restrictions de placement. C’est la raison pour laquelle nous continuons à adopter une attitude extrêmement prudente en ce qui concerne les emprunts d’Etat des pays de la périphérie européenne. Il est fort probable que le marché testera une nouvelle fois le pacte de stabilité dans le cas de l’Espagne.

Si le problème de la dette tarde à trouver une solution, le danger d’une rechute imminente en récession paraît du moins exclu : en effet, les données macroéconomiques en provenance des Etats-Unis et d’Europe ont surpris positivement dans l’ensemble. Les chiffres du marché du travail américain, en particulier, sont porteurs d’espoir. Les actions sont durablement évaluées de manière avantageuse. De nombreuses mauvaises nouvelles se reflètent déjà dans les cours.

En matière d’allocation tactique des actifs, nous n’entreprenons aucun changement : nous maintenons une surpondération des actions, mais comptons sur des marchés durablement volatiles sans avancée marquée des cours à large échelle. A notre avis, la voie vers le haut ne sera pas libre tant qu’une solution crédible n’aura pas été trouvée à la crise de la dette européenne. Nous considérons le marché des actions européen comme particulièrement intéressant. Nous continuons à privilégier les secteurs cycliques au détriment des entreprises défensives et préférons les petites capitalisations aux grandes sur tous les marchés. Les niveaux de liquidité élevés et l’évaluation attrayante de nombre de ces actions laissent encore prévoir des reprises, en particulier par les grandes entreprises. En outre, la qualité actuelle des bilans et les prévisions de bénéfices parlent en faveur de rachats d’actions et d’augmentations de dividendes pour de nombreuses entreprises, rendant ainsi leurs emprunts attrayants. C’est pourquoi nous maintenons une surpondération des emprunts d’entreprises par rapport à ceux d’Etats.

En matière de devises, nous maintenons une sous-pondération du CHF, de l’EUR et du JPY au profit des devises liées aux matières premières (CAD et AUD) ainsi que de la SEK et récemment de l’USD. Nous voyons surtout un danger de dépréciation du JPY par rapport à l’USD.

Source: ETFWorld