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Nouvelle version des stress tests bancaires

 Pour ceux qui sont rompus à l’évaluation de la solvabilité des banques, l’expression « stress test » (ou test de résistance) est devenue familière. En effet, des premiers tests ont été réalisés en 2009 aux États-Unis (dans le cadre du Supervisory Capital Assessment….


Cross Asset Investment strategie –Amundi Asset Management   / Mensuel – Avril 2011


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Program) jusqu’à l’examen des banques irlandaises la semaine dernière (Prudential Capital Assessment Review – PCAR) ; ces simulations ont figuré parmi les principaux outils des autorités de surveillance afin de restaurer la confiance dans les marchés financiers. La prochaine étape sera le test de résistance européen (déjà en cours), qui donnera une meilleure idée de la situation des banques des 27 pays de l’Union européenne en matière de fonds propres. Compte tenu de l’agitation qui règne actuellement autour des dettes souveraines européennes, ces tests revêtent une importance cruciale pour les marchés. Lancé début mars, le processus d’évaluation va se poursuivre jusqu’en juin. Dans cet article, nous vous présentons toutefois les informations actuellement disponibles et les conclusions provisoires que l’on peut en tirer.

Stress tests 2010
En juillet 2010, le Comité européen des Contrôleurs bancaires (CEBS) a publié une série de stress tests réalisés sur les banques européennes (y compris certains établissements hors zone euro). L’objectif officiel des stress tests était « de fournir des informations officielles pour évaluer la résistance du système bancaire de l’UE à des tendances économiques défavorables, et pour juger de la capacité des banques à absorber d’éventuels chocs liés aux risques de crédit et de marché, notamment ceux liés à la dette souveraine ».

Ils se distinguent donc des tests américains réalisés en mai 2009 qui visaient essentiellement à déterminer le niveau de capital que chaque établissement faisant l’objet des tests devait lever dans un contexte de crise financière. De par leur nature opportuniste, les tests européens avaient un objectif différent. Ils cherchaient surtout à rassurer les marchés financiers concernant la viabilité du système bancaire de la région lors de la crise de la dette européenne. Le but était d’évaluer les grandes banques de la région dans chaque État-membre, afin que soient pris en compte au moins 50% des actifs du système bancaire européen. Chaque pays a toutefois été autorisé à désigner des banques supplémentaires (pour aller au-delà du seuil de 50%), de sorte que 65% du total des actifs du système bancaire de l’UE soient couverts par les tests.
Ces tests ont donc été réalisés sur un horizon de 2 ans en prenant comme point de départ le ratio Tier 1 des banques au 31 décembre 2009 (le ratio Core Tier 1 n’a pas été retenu car il n’existe pas de définition homogène de cet indicateur à l’échelle de l’UE).

Les banques ont dû faire une estimation de leur rentabilité opérationnelle cumulée sur la période  sous revue, sur la base d’un bilan constant, dans le cadre d’un scénario officiel (c’est-à-dire cohérent avec les prévisions macroéconomiques de l’UE). Un scénario de stress a ensuite été appliqué en utilisant des hypothèses précises relatives à la croissance du PIB par zone géographique, aux prix de l’immobilier, etc. On fait ensuite l’hypothèse d’un choc supplémentaire sur les dettes souveraines, notamment concernant l’exposition au prix du marché (Market-to-Market – MTM) aux emprunts d’Etat dans les portefeuilles de négociation des banques, ainsi que l’impact indirect sur l’économie réelle de ce stress test souverain dans les portefeuilles bancaires.

Les résultats
Pour réussir le test, les établissements devaient afficher un ratio Tier 1 minimum de 6% dans le pire des scénarios (scénario macro défavorable et choc souverain). Sur les 91 banques, seules 7 n’ont pas réussi le test. Au total, 3,5 milliards d’euros de capital supplémentaire étaient nécessaires pour que toutes les banques atteignent le seuil des 6%, et 30 milliards d’euros pour atteindre la barre des 8%. Au total, les pertes cumulées dans le cadre du pire scénario se sont élevées à 566 milliards d’euros sur la période de deux ans, pour un total de fonds propres Tier 1 de 1 400 milliards d’euros.

 

La réaction du marché
Les marchés ont eu des réactions contrastées à l’annonce des résultats. D’une part, les intervenants ont pris la nouvelle avec soulagement car les tests montraient que le système bancaire européen était globalement sain, et qu’il ne dissimulait aucune « banque zombie ».
D’autre part, dans la mesure où seulement 7 banques sur 95 n’avaient pas passé l’épreuve, certains ont jugé les tests trop laxistes et le seuil de 6% trop bas. Mais les critiques les plus vives ont porté sur le traitement de l’exposition des banques aux marchés des emprunts souverains dans leur portefeuille à long terme (Hold-to-Maturity – HTM), non inclus dans les tests.
Face à ces critiques, le CESB a répondu que dans la mesure où l’Union européenne (UE) avait mis en place un plan de soutien aux émetteurs souverains censé éviter le défaut d’un État de l’UE (avec la garantie intégrale de tous ces membres), le défaut d’un pays de la zone n’était pas une hypothèse assez réaliste pour être prise en compte dans un scénario de stress.
Malgré les critiques, les marchés ont plutôt réagi positivement, les spreads de crédit des banques s’étant nettement resserrés pendant l’été 2010. Cependant, cette baisse des primes de risque a plutôt été motivée par l’annonce d’une nouvelle version des propositions de la réforme Bâle III, qui a dopé le sentiment des intervenants.
A l’automne 2010, le sentiment avait nettement évolué. En effet, entre temps, le FMI et l’UE avaient dû mettre en place en urgence un plan de secours pour l’Irlande, menacée par un effondrement de son système bancaire. Les investisseurs se sont donc demandés par quel miracle les banques irlandaises – qui avaient réussi les stress tests (de justesse toutefois) au mois de juillet – avaient dû être pour la plupart recapitalisées en novembre ?

Stress tests 2011
Lorsque les stress tests 2010 ont été publiés, le CESB avait émis l’idée que ce type d’évaluation pourrait jouer un rôle plus important dans le cadre du processus de surveillance et qu’ils pourraient être organisés de façon plus régulière.
Dans ce contexte, l’Autorité bancaire européenne (ABE) (European Banking Authority – EBA), qui a pris le relais de la CEBS en janvier 2011, a annoncé qu’elle ferait passer des tests de résistance à un échantillon de banques comparable au premier semestre 2011.
Avec un objectif : évaluer la résistance du système bancaire de l’UE, et la solvabilité de chaque établissement, à d’éventuels événements extrêmes dans des conditions restrictives imposées par les superviseurs.
L’ABE a fait savoir que dans le cadre de la préparation et de la réalisation des tests 2011 « l’ABE a intégré dans sa réflexion des sujets pour lesquels il était nécessaire d’apporter des améliorations, après une analyse des « enseignements » des tests de 2010, réalisée conjointement avec toutes les autorités compétentes ».

 


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Rédacteur en chef : Philippe Ithurbide

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