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Point de vue d’expert: Le Japon, victime de la crise internationale

Le choc Lehman Brothers et le chaos qui s’est abattu sur les marchés financiers ont plongé le Japon dans un climat d’incertitude sans précédent. Les entreprises ont….

 

 

 

tenté d’atténuer au maximum les pertes en accélérant la réduction de leur production. Leur longue expérience de la gestion à flux tendu les rend particulièrement vulnérables à une hausse inattendue des stocks lorsque la demande faiblit fortement. Une analyse économétrique souligne d’importantes différences entre les mécanismes de transmission des chocs au Japon et aux États-Unis. L’ajustement des stocks nippons se fait de manière plus prononcée et plus rapide qu’aux États-Unis, tandis que la contraction du marché de l’emploi est plus lente et également plus longue au pays du soleil levant. Ceci explique pourquoi la durée moyenne des récessions est plus étendue au Japon qu’aux États-Unis.

Un arbitrage stocks-production

Pour les entreprises, les conséquences du choc Lehman Brothers ont été si rapides, si intenses et si dispersées qu’elles se retrouvent dans un état d’incertitude au sens de Knight (évènements extrêmes que l’on ne peut les expliquer par des modèles). En septembre dernier, les stocks ont monté de 1,9% en glissement mensuel. La probabilité d’occurrence d’une telle hausse est très faible (à peine 2,5%), d’autant plus que le mois suivant, les stocks ont augmenté dans les mêmes proportions pour atteindre des niveaux exceptionnellement élevés. Le seul recours possible pour les entreprises a été de réduire radicalement la production afin d’éviter des pertes liées à des stocks d’invendus trop importants. La situation a contraint les sociétés à abaisser leur production en décembre à des niveaux inédits depuis 1987. Le degré des réductions de production en glissement mensuel sur novembre et décembre s’écarte de plus de 6 écart-type de sa moyenne.

Un ajustement plus marqué de la production au Japon

L’analyse d’une simulation économétrique basée sur les stocks, la production, les heures supplémentaires, le taux d’utilisation des capacités et l’emploi permet d’identifier des différences cruciales dans les mécanismes de transmission des chocs au Japon et aux États-Unis. Les graphiques ciaprès illustrent l’impact d’une hausse imprévue des stocks de 1% sur d’autres variables économiques les mois suivants. Les mécanismes de transmission sont peu ou prou les mêmes au Japon et aux États-Unis. Pourtant, l’ajustement des stocks commence plus tôt au Japon et se traduit par une réduction de la production plus importante. Même si les États-Unis réduisent leur production dans une proportion moindre, ils sont en mesure de la relancer un peu plus vite que le Japon. Parallèlement, dans leur processus d’ajustement, les entreprises japonaises ne touchent pas aux emplois pendant les premiers mois, tandis que leurs homologues américaines suppriment des heures supplémentaires et des postes. Ces conclusions sont confortées par les chiffres récents (3,5 millions d’emplois supprimés aux Etats-Unis, 660 000 au Japon et une baisse de 9,7% de la production industrielle en janvier aux Etats-Unis contre -20,8% en décembre au Japon).

Plusieurs facteurs expliquent ces différences

Certains estiment que le potentiel de croissance plus élevé des États-Unis leur permet naturellement d’ajuster leurs stocks. D’autres justifient le moindre recours aux suppressions d’emploi au Japon par un plus fort taux de remplacement de la population vieillissante, ainsi que par un marché du travail plus rigide. Cependant, la raison la plus évidente est que l’application stricte du système de flux tendu est étonnamment fragilisée en période aussi extrême. En principe, un fléchissement soudain de la demande provoquant une pression considérable sur les stocks est un phénomène impossible dans une chaîne d’approvisionnement sophistiquée. C’est pourtant ce qui s’est passé.
Sur le front de l’emploi, le graphique laisse entendre que la dégradation du marché du travail au Japon devrait se matérialiser environ 7 mois après le choc Lehman Brothers, et la rationalisation du travail sera particulièrement marquée dans les 8 prochains mois. La fin de l’ajustement des stocks n’est cependant pas toujours synonyme de fin de la récession. Ainsi, début 2010, nous pourrions observer des divergences importantes sur les marchés du travail des deux côtés de l’Océan pacifique.

 

Source: SGAM ETF Newsletter – Akio Yoshino

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