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SPDR Strategy Espresso: 5 secteurs face à l’inflation

SPDR : Pour de nombreux investisseurs, l’inflation est désormais la principale menace pesant sur les marchés1, plus redoutée que la COVID 19 en tant que telle désormais.

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SPDR / Strategy Espresso


Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR


Bien que les interrogations restent ouvertes autour de l’amplitude et de la durée de la hausse des prix, nous nous attendons à ce que les inquiétudes liées à l’inflation persistent au moins à court terme, à mesure que les mesures de relance, le coût des matières premières et les réouvertures progressives des économies se répercuteront sur le niveau des prix. L’inflation sera probablement plus forte aux États-Unis, qui connaissent une reprise économique rapide, que dans les régions du monde confrontées à d’importants différentiels de rendements. Nous passons ici en revue les secteurs qui pourraient tirer parti ou pâtir des pressions inflationnistes qui s’intensifient.

L’impact de l’inflation secteur par secteur

Compte tenu de l’impact de l’érosion du pouvoir de fixation des prix (Pricing Power), les dépenses (de fonctionnement ou d’investissement) peuvent être tirées vers le haut, mais les bénéfices que certains secteurs pourraient tirer de cette situation pourraient être annulés par la hausse des coûts des intrants. Le résultat net par secteur est déterminé par une combinaison de facteurs tels que l’élasticité de la demande ou la disponibilité du produit. Une autre considération majeure est l’impact de la hausse des taux d’intérêt, qui accompagne souvent les pressions inflationnistes, et qui a ses propres conséquences sur les secteurs. Si nous avons vu récemment les rendements obligataires augmenter, les principales banques centrales semblent loin d’être disposées à resserrer leur politique de taux.

Dans l’ensemble, les secteurs cycliques ont tendance à surperformer les secteurs défensifs en période de hausse de l’inflation. Le graphique 1 illustre la sensibilité des secteurs aux anticipations inflationnistes au cours des trois dernières années (qui correspondent à une période de faible inflation). Vous pouvez retrouver ces données dans le SPDR Sector Compass chaque trimestre.

Sensibilité à l’inflation par secteur représenté dans le MSCI World (sur les 3 dernières années)

22-04-21 SPDR

Source : Bloomberg Finance L.P., au 31 mars 2021. Les données concernent les indices MSCI World NTR USD. La mesure de l’inflation est tirée de l’USD Inflation Swap Forward 5Yr-5Yr.

Nous examinons ci-dessous l’impact différencié de la hausse des prix sur 5 secteurs :
• 3 pour lesquels l’inflation pourrait avoir un impact positif,
• et 2 qui risquent d’en pâtir.

1 – Les matériaux : un secteur porteur pour tirer parti du « supercycle » sur les matières premières

Les produits de base (y compris tous les types de métaux, le pétrole et les produits agricoles « mous ») ont connu un bon début d’année 2021. Ils sont l’une des sources et causes de la dynamique inflationniste. Les prix réagissent à la fois aux moteurs de la demande liés à la réouverture des économies, et à l’impact de l’offre perturbée par la COVID-19.

Nous pensons que les sociétés minières sont bien positionnées dans le cycle actuel pour répercuter la hausse des prix des métaux industriels sur leurs clients. Même si les hausses de prix stimulent souvent l’apparition d’une nouvelle offre dans ce secteur, la délivrance des autorisations d’exploitation, la construction et l’entrée en activité de nouvelles mines peuvent prendre des années, de sorte que la dynamique actuelle de l’offre et de la demande pourrait se maintenir encore en l’état un moment.

Les fabricants de produits chimiques et les producteurs de matériaux de construction vont bénéficier de tendances similaires porteuses en matière d’offre et de demande, même si les coûts de la main-d’oeuvre et des matières premières exerceront une pression sur les coûts de leurs secteurs respectifs.

2 – L’énergie : le secteur le mieux positionné pour tirer parti de l’inflation

La hausse des prix du pétrole brut (près de 25 % depuis le début de l’année) se traduit par des niveaux élevés d’inflation sur les carburants dans les marchés développés comme émergents.

Le secteur de l’énergie est très sensible à cette hausse. La corrélation entre l’indice S&P 500 Énergie et l’inflation au cours des dix dernières années (à 0,6) est trois fois supérieure à la moyenne des actions américaines2. Il existe clairement un lien direct entre les prix du pétrole et du gaz (qui sont une composante essentielle mais volatile des chiffres de l’IPC) et les actions du secteur de l’énergie (qui sont étroitement liées aux contrats à terme sur le pétrole brut). A chaque hausse de 1 % de l’IPC, les prix de l’énergie du S&P 500 progressent de 9 % (sur les 10 dernières années) 3.

La capacité des entreprises du secteur de l’énergie à répercuter la hausse des prix varie d’un secteur à l’autre, mais dans l’ensemble, les bénéfices sont visibles dans les importants upgrades des bénéfices de ces derniers mois. À l’avenir, l’actuel équilibre entre l’offre et la demande pourrait s’affaiblir à la moindre remise en cause de l’accord de l’OPEP+ visant à limiter la production et le retour du fracking (technique de fracturation hydraulique en vue d’exploiter les gisements de pétrole et de gaz de schiste) à des coûts plus élevés.
Bien que le secteur de l’énergie présente le bêta d’inflation le plus élevé, il souffre d’un niveau élevé de volatilité, ce qui nuit aux rendements corrigés du risque sur le long terme.

3 – Les valeurs industrielles : portées tant par la réouverture des économies que par les plans de relance

Le secteur industriel est un ensemble diversifié, qui inclut des entreprises opérant tant dans l’aérospatiale, l’ingénierie électrique, que des sociétés de transport ou de conseil. Difficile donc d’extrapoler une tendance homogène et cohérente pour l’ensemble du secteur. On peut noter toutefois que celui-ci bénéficie toutefois traditionnellement des dynamiques cycliques à ce stade de la reprise économique. Parmi les moteurs porteurs possibles cette année, on peut citer : la reprise des dépenses d’investissement, la poursuite de la modernisation des processus de fabrication et les nouvelles commandes résultant des mesures de relance budgétaire.

Les composantes de prix des derniers chiffres du PMI américain signalent une intensification des pressions inflationnistes : les fabricants souffrent de la hausse des prix des intrants, proches de leurs plus hauts niveaux depuis quatre ans, mais tirent parti des prix à leurs plus hauts niveaux depuis janvier 2017. Là encore, il est important de surveiller la capacité des différentes industries à répercuter les hausses de coûts.

L’industrie est un choix de secteur cyclique intéressant, avec un bêta d’inflation élevé. Il offre par ailleurs la possibilité de ne pas d’exposer à une forte volatilité.

4 – Les services publics : un Pricing Power limité

Les fournisseurs de services publics ont une relation compliquée avec l’inflation. Actuellement, les fournisseurs d’électricité, de gaz et d’eau sont confrontés à une hausse des coûts des matières premières telles que le charbon et le gaz naturel, ce qui pourrait avoir un impact sur les marges bénéficiaires. Les services publics ont un pouvoir de fixation des tarifs limité étant donné qu’une part importante de leurs revenus est réglementée.

Les régulateurs locaux des pays ou des états surveillent les prix, la production et l’évolution de l’environnement en échange de l’octroi d’un pouvoir monopolistique. Ces entités fixent les prix pour permettre aux fournisseurs de services publics de tirer de leur activité un rendement fixe. Si les coûts de ces entreprises augmentent en raison de l’inflation, elles sont généralement autorisées à augmenter leurs tarifs pour les répercuter sur les clients par le biais des tarifs du réseau. Toutefois, selon l’accord réglementaire, des coûts de production plus élevés peuvent ne pas être récupérés avant le prochain cycle.

On estime que 60 % des bénéfices du secteur mondial des Utilities proviennent d’actifs réglementés couverts contre l’inflation, ce qui offre une certaine protection. Mais celle-ci varie selon la région et le type d’activité4. La production et l’approvisionnement en électricité sont largement déréglementés (donc les bénéfices sont sensibles aux prix du marché), tandis que le transport et la distribution ont tendance à fonctionner dans des cadres réglementés et peuvent prétendre « récupérer l’inflation » au fil du temps. Ainsi, les services publics intégrés, qui représentent une grande partie du secteur des Utilities, ne bénéficient pas nécessairement d’un degré élevé de protection contre l’inflation.

5 – Biens de consommation de base : les consommateurs sensibles aux prix et la plus forte concurrence

Le secteur des biens de consommation de base rassemble les détaillants alimentaires, les industries alimentaires et de boissons, et les fournisseurs de produits ménagers et biens courants. Ces entreprises sont relativement défensives en raison de la relative inélasticité de la demande des biens qu’elles fournissent, mais elles souffrent de l’intensité de la concurrence (faibles barrières à l’entrée). Les entreprises ont souvent du mal à répercuter les coûts sur leurs clients, à moins qu’elles ne possèdent des marques très identifiées ou une offre unique. Leurs marges bénéficiaires sont soumises à une pression constante, qui peut s’intensifier encore en période d’inflation.

Les impacts que la pandémie a eus sur la chaîne d’approvisionnement ne lui ont pas permis d’opérer la révolution nécessaire. De plus, la volonté de produire de manière plus durable surenchérit souvent les coûts de production. Toutefois, certaines tendances positives à plus long terme, notamment la premiumisation et un regain d’attention porté sur la santé et le bien-être, pourraient permettre une hausse des prix de vente.

Les données récentes montrent que l’inflation sur les produits alimentaires est toutefois très faible. Et sur les produits ménagers5, seules des augmentations légèrement supérieures à la moyenne saisonnière ont été constatées. Dans le même temps, les coûts des intrants pour l’ensemble du secteur sont confrontés aux pressions inflationnistes sur les prix des produits de base et au renchérissement des coûts de distribution.

Source: ETFWorld.fr

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