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SPDR Strategy Espresso: Tirer parti du tapering avec le crédit Investment Grade ESG américain

SPDR Strategy Espresso : La confiance dans la capacité de la Réserve fédérale à gérer le tapering (réduction progressive des achats d’actifs), sans que cela n’impacte notablement le marché, devrait permettre aux investisseurs d’endosser plus facilement le risque de duration.

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SPDR / Strategy Espresso


Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR


La stabilité et l’amélioration du rendement offertes par le crédit Investment Grade américain semblent être le meilleur moyen de se positionner dans l’univers obligataire par rapport aux obligations d’État. Et 3 facteurs concourent de plus à considérer sérieusement la piste de l’ESG sur ce segment : le positionnement et les préférences des investisseurs pour ce type de stratégie, une meilleure performance de long terme et une volatilité plus faible.

Jackson Hole envoie un message positif : mais quelles seront les prochains rendezvous pour les marchés obligataires ?

Le Symposium organisé par la Réserve fédérale américaine à Jackson Hole a été le grand événement de l’été, l’occasion pour la Fed de définir l’orientation de la politique monétaire pour 2022. Le message plutôt « dovish » et accommodant était ce que les marchés voulaient entendre. Et pour les investisseurs obligataires, la congruence de l’opinion selon laquelle la croissance et l’inflation ont atteint un plus haut, et de celle selon laquelle la Fed s’appliquera à réduire progressivement ses mesures de relance (évitant ainsi un « Taper Tantrum ») pourrait nourrir l’appétence des investisseurs à reprendre un peu de risque de duration.

Cela dit, le marché obligataire est connu pour afficher des performances positives pendant l’été, avant de changer de cap en septembre. Notre dernier Bond Compass soulignait ainsi que ce revirement constitue un facteur de risque pour plusieurs stratégies obligataires, notamment pour les obligations d’État. Les performances plus négatives des titres obligataires sont souvent liées aux titres souverains. A la fin de l’été, les gouvernements font pression sur les marchés pour atteindre leurs objectifs de financement avant la fin de l’année.

Mais cette année, l’impact de ce mouvement devrait être moindre sur les obligations corporate pour trois raisons :

On assistera certes une réouverture des émissions sur le marché primaire corporate, mais le dynamisme de l’économie, le faible niveau des taux d’intérêt et le fort appétit des investisseurs pour les titres corporate en début d’année laissent à penser que de nombreuses entreprises avaient déjà largement anticipé leurs besoins de financement pour l’année. Par conséquent, la pression pesant sur les émissions crédit pourrait rester modérée.

La réduction progressive des achats d’actifs (tapering) n’affectera pas directement le crédit américain, car la Fed n’est plus acheteuse (elle vend plutôt ses avoirs en crédits). La réduction de ses achats réduira d’autant la demande en obligations d’État et en MBS (mortgage-backed security ou titres adossés à des créances hypothécaires). À cet égard, le crédit européen pourrait être bien plus vulnérable à la réduction des achats de la Banque Centrale Européenne.

La croissance américaine pourrait avoir atteint son plus haut, ou s’en rapprocher. Mais elle devrait rester vigoureuse à moyen terme, le consensus Bloomberg prévoyant une croissance du PIB de 4,3 % en 2022 outre-Atlantique. Cela devrait constituer une toile de fond solide pour les bénéfices des entreprises.

Les fondamentaux économiques plaident peut-être en faveur d’un resserrement des spreads, mais pour ceux qui craignent qu’il y ait un nouveau mouvement de correction, se concentrer sur les titres Investment Grade peut aider à limiter les risques liés à une « explosion » des spreads. Même lors du « Taper Tantrum » de 2013, le crédit Investment Grade US s’est écarté d’environ 25 points de base par rapport aux obligations du Trésor américain, contre plus de 100 points de base pour le High Yield1.

Rejoignez le mouvement : les investisseurs se concentrent sur l’ESG

Le crédit Investment Grade US offre un yield-to-worst d’un peu moins de 2 %, ce qui représente un écart d’environ 85 points de base2 par rapport aux obligations du Trésor américain. Outre l’attrait du portage, les données sur les flux détaillées dans notre Bond Compass du 3e trimestre suggèrent que les investisseurs étaient sous-exposés au crédit Investment Grade américain en début de trimestre. Cela laisse à penser que, d’ici à la fin de l’année, ils pourraient reconstruire leurs positions sur ce segment obligataire. Cette tendance
semble déjà amorcée, puisque les ETFs sur les obligations corporate US Investment Grade ont d’ores et déjà enregistré des flux entrants importants en août 2021 (voir graphique).

10-09-21 SPDR ESPRESSO

De nombreux éléments suggèrent que ces flux s’orienteront vers des actifs intégrant les critères ESG dans leur stratégie de gestion, notamment l’enquête menée par State Street Global Advisors et Longitude Research (filiale du Financial Times) auprès des investisseurs obligataires. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans le « Fixed Income: Preparing for the Big Shift » : l’appétence des investisseurs pour les actifs obligataires intégrant une dimension ESG y est très nette. Quelque 61 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles veilleraient particulièrement à l’intégration des facteurs ESG dans leurs portefeuilles obligataires sur les trois années à venir.

Les obligations corporate Investment Grade sont considérées comme un segment clé pour cette prise en compte des critères ESG, avec 39 % des investisseurs suggérant qu’il s’agit d’une priorité, juste derrière les obligations High Yield. L’enquête auprès des investisseurs suggère également que l’approche la plus fréquemment intégrée est celle du best-in-class (49 %), ce qui correspond bien à l’approche adoptée par State Street Global Advisors qui utilise un indice qui applique d’abord les filtres ESG habituels avant d’optimiser l’indice pour maximiser le R-Factor®, le score ESG de State Street, tout en poussant les caractéristiques de l’indice ESG vers celles de l’indice parent. De cette façon, les investisseurs qui reviennent au crédit Investment Grade américain peuvent maintenir le profil de leur portefeuille proche de celui de l’indice de référence tout en améliorant leur profil ESG. L’ESG a donc le vent en pompe.

Ceci est en partie dû à l’évolution de la réglementation, mais il est désormais communément admis qu’une approche « best-in-class » concourt à générer des rendements plus élevés et une volatilité plus faible à long terme. C’est un thème que nous avons abordé dans notre papier US Investment Grade Credit: Stability Through ESG dans lequel nous avons démontré l’effet stabilisateur des actifs ESG, même durant les événements de marché de mars 2020 sur fond de pandémie.

Pour les investisseurs européens qui redoutent une baisse du dollar (mouvement tout à fait probable si la Réserve fédérale parvient à opérer son tapering sans faire paniquer le marché), la couverture du risque de change doit également être envisagée.

Comment se positionner sur ces thèmes ?

Les investisseurs qui souhaitent accéder aux thèmes décrits ci-dessus peuvent le faire via deux ETFs SPDR.

ETF SPDR Bloomberg SASB U.S. Corporate ESG UCITS
ETF SPDR Bloomberg SASB U.S. Corporate ESG EUR Hdg UCITS

1 Données basées sur les variations de spreads ajustés aux options (OAS) de l’indice Bloomberg US Corporate Bond et de l’indice Bloomberg US Corporate High Yield Bond. Source : Bloomberg Finance L.P.
2 Rendement et spread de l’indice Bloomberg SASB US Corporate ESG ex Controversies, au 31 août 2021, Source : Bloomberg Finance L.P.

Source: ETFWordl.fr

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