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SPDR Strategy Espresso: « Tirer parti sur des rendements américains plus élevés avec la dette émergente en devise forte »

SPDR Strategy Espresso : Bien que la dette émergente ait récemment eu à faire face à un certain nombre de défis, nous pensons que l’inclure dans les portefeuilles d’investissement fait toujours sens, notamment pour diversifier les risques et améliorer le rendement.

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SPDR / Strategy Espresso

Antoine Lesné, Responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR.


Une allocation en devises émergentes fortes peut contribuer à éviter de s’exposer à une volatilité trop élevée sur les devises. Elle peut être utilisée de pair avec une duration plus faible afin de réduire la sensibilité du portefeuille à la hausse des rendements du Trésor américain.

Quels soutiens pour la dette émergente en devises fortes ?

Le trimestre a été difficile pour la dette émergente (EM). Le rallye “risk-on”, qui a débuté en novembre 2020, a soutenu des gains qui ont duré jusqu’en février 2021. Alors que l’attention des investisseurs était accaparée par la reflation, corollaire au rebond vigoureux de la croissance américaine, la dette des marchés émergents opérait pendant ce temps un véritable revirement.

La hausse des rendements du Trésor américain, alors que le mouvement de sell-off s’accélérait en février, semble avoir été la “kryptonite” de la dette émergente. Les rendements historiquement bas de la dette émergente et le resserrement de ses spreads vis- à-vis des obligations du Trésor américain, ont diminué la marge de manœuvre de ces pays pour absorber l’impact de la hausse des rendements du Trésor. En outre, la hausse des rendements américains a ébranlé le consensus selon lequel le dollar devrait continuer à s’affaiblir, ce qui a affecté les fonds libellés en devise locale. Enfin, la résurgence des pressions inflationnistes a incité plusieurs banques centrales, notamment le Brésil, la Turquie et la Russie, à durcir leur politique de taux malgré une croissance intérieure peu dynamique et ne constituant qu’un faible soutien.

Malgré ces revers, il existe encore plusieurs bonnes raisons de continuer à inclure la dette émergente dans les portefeuilles, notamment pour diversifier les risques et améliorer les rendements. Le mouvement de sell-off a désormais inversé la dynamique de baisse des rendements observée depuis novembre dernier. Mais une croissance américaine plus fortedevrait finalement s’avérer bénéfique pour les marchés émergents.

Nous pensons qu’il existe des moyens d’y investir tout en limitant le risque et proposons les 3 pistes suivantes :

  1. Limiter l’exposition à l’instabilité du dollar US grâce aux devises fortes des pays émergents

L’un des principaux facteurs qui a obéré les rendements de la dette émergente a été le rebond du dollar US, dont le revers est la faiblesse des devises locales. La tendance à un dollar US faible devrait revenir à un moment donné, mais cela est peu probable tant que les rendements du Trésor américain augmentent (des écarts de rendement plus importants soutenant l’USD). Opter pour une dette émergente en devise forte plutôt qu’en devise locale limite l’exposition à cette instabilité monétaire. Le graphique 1 montre l’évolution sur 4 semaines des rendements de la dette émergente par rapport à l’évolution des rendements au cours de la dernière vague de sell-off et au cours du 3e Quantitative Easing1.

Il nous enseigne plusieurs choses :

  • D’abord que le mouvement de sell-off en cours n’est pas aussi grave que celui intervenu lors du QE3.
  • Ensuite la dispersion des performances des indices EM en devise dure suggère qu’elle est globalement moins sensible aux fortes hausses des taux que celle des indices de dette souveraine en devise locale2.
  1. Diminuer la duration pour réduire sa sensibilité aux taux du Trésor américain

SPDR a déjà produit une étude sur les avantages qu’il y a à réduire son exposition à la duration dans un contexte de hausse des rendements afin de réduire la sensibilité de votre portefeuille à la hausse des rendements du Trésor américain (voir Get Shorty : Finding Opportunity in the Front of the Curve ). Par exemple, l’indice ICE BofA 0-5 Year EM USD Government Bond ex- 144a a une duration tout juste supérieure de 30 % par rapport à celle de l’indice J.P. Morgan EMBI Global Diversified Sovereign. Cela ne signifie pas toujours une performance négative : au cours des 12 derniers mois, la performance de l’indice ICE BofA 0-5 Year EM était de 2,95 % (contre seulement 0,91 % pour l’indice J.P. Morgan3). Sur le long terme, les rendements de l’indice longue toutes maturités sont certes plus élevés, mais au cours des cinq dernières années, les performances moyennes de l’indice ICE BofA 0-5 Year EM n’ont atteint “que” 60 % de ceux affichés par l’indice J.P. Morgan.

  1. Se positionner uniquement sur les émetteurs sous-jacents

Sans le rôle d’ »amortisseur » joué par la devise, les fonds en devises fortes concentrent leurs stratégies sur la qualité de crédit des émetteurs sous-jacents. Si les marchés émergents mettront plus de temps à se remettre de la COVID-19, compte tenu de la lenteur du déploiement des programmes de vaccination, une croissance mondiale plus vigoureuse devrait néanmoins constituer un élément de soutien positif pour ces pays. Un accès plus facile au financement du marché en dollar US est généralement également synonyme d’un accès à une plus grande diversité d’émetteurs. Par exemple, l’indice ICE BofA 0-5 Year EM USD Government Bond ex-144a regroupe les obligations de plus de 60 émetteurs, contre seulement 19 dans l’indice J.P. Morgan GBI-EM Global Diversified libellé en devise locale.


Graphique 1 : La hausse rapide des rendements à 10 ans des États-Unis a fait basculer la dette émergente en territoire négatif

07042021 spdr

Source : State Street Global Advisors, Bloomberg Finance L.P au 19 mars 2021.

Comment jouer ce thème ?

En résumé, limiter la duration et l’exposition aux fluctuations des devises émergentes devrait réduire la volatilité globale du portefeuille, tout en permettant aux investisseurs de bénéficier des rendements relativement élevés offerts par les stratégies sur la dette émergente.

Les investisseurs en euros qui souhaitent éliminer le risque lié au dollar US peuvent opter pour le SPDR® ICE BofA 0-5 Year EM USD Government Bond EUR Hdg UCITS ETF (Acc) couvert en euros


1 Les périodes utilisées pour l’analyse sont celles relatives à la hausse des rendements du Trésor à 10 ans alors que les achats d’actifs de la Réserve fédérale étaient en cours. Pour le QE3, il s’agit de la période du 26 avril au 6 septembre 2013 et pour la hausse actuelle (QE4), du 31 juillet 2020 au 19 mars 2021.
2 La sensibilité moindre de l’indice BofA 0-5 Year EM USD Government Bond ex-144a s’explique en partie par le fait que sa duration est inférieure à celle de l’indice Bloomberg Barclays EM Local Currency Liquid.
3 Rendement sur un an glissant. Données arrêtées au 26 février 2021.

Source : ETFWorld.fr

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